Archives de la catégorie ‘Témoignages’

Journées Européennes du Patrimoine

Publié: 30 août 2012 par mines2memoire dans Accueil, Photos, Rencontres, Témoignages

A l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine 2012
Dans le cadre du projet : « Mémoire des migrations en pays miniers »
La Compagnie KaRNaVIrES et Réseau Evènementiel
Présentent : « Rencontre en pays minier » les 15 et 16 septembre de 10h à 18h

Dans les locaux da la compagnie, anciennes douches des mineurs du puits Gérard 13105 Mimet
Géolocalisation : http://goo.gl/maps/SQzQ

Voici maintenant 4 ans que, sous l’intitulé générique : « Mémoire des migrations en pays miniers »
nous nous sommes engagés dans une action de développement culturel durable et de théâtre citoyen à partir du Bassin Houiller de Provence.
Ce projet en 3 Actes, porté par Sylvie Baroni et Rémy Auda, comporte plusieurs créations théâtrales nourries par un travail documentaire et des actions pédagogiques .
Spectacles en tournée:
Nul n’entre ici s’il n’est géomètre, Les Oiseaux migrateurs, Carnet de migration
A l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine nous ouvrons nos locaux, ancienne salle des douches du carreau de la mine du Puits Gérard à Mimet pour y présenter un ensemble de traces et de production liées au projet :-> Installation photo par Gilbert Ceccaldi, Association Réseau Événementiel (Marseille)
« Entre le visible et l’invisible, la photo cherche les limites de la mémoire »
-> Point d’écoute des témoignages d’habitants recueillis par Julie Moreira-Miguel.
-> Consultation du Blog MIMES2MEMOIRE
-> Projections de photos et vidéos des spectacles produits dans le cadre du projet

Plus d’info sur la compagnie : http://www.karnavires.org/
Plus d’info sur le projet : https://mines2memoire.wordpress.com/
Les spectacles de l’Acte I et de l’acte II sont disponibles en tournée
et peuvent être accompagnés d’action pédagogiques et/ou de l’expositionNous poursuivons nos prises de contacts pour élargir notre réseau de partenaires au niveau régional,
national et international et restons ouverts à toute proposition de collaboration.Le projet Mémoire des Migrations en Pays Miniers a été soutenu:En production par:
Le programme Identité Parcours Mémoire (DRAC-DRJSCS PACA), La DRJSCS PACA, l’ADAMI Le dispositif Dynamique Espoir Banlieues du Ministère de la Culture, Les crédits Égalité des Chances de la Préfecture des Bouches du Rhône les CUCS d’Aix et Aubagne, L’association Marseille-Provence 2013 et les Centres Nationaux des Arts de la Rue: Le Citron jaune et l’Atelier 231

En Diffusion par:
Le dispositif Saison 13 du CG 13, La CPA, Communauté d’Agglomération du pays d’Aix,
Le Festival Viva Cité de Sotteville-lès-Rouen, Les Rendez-vous Chaud Dehors à Aubagne

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22 000 clics en 22 mois

Publié: 6 juillet 2012 par mines2memoire dans Accueil, Ateliers, Création théâtrale, Photos, Rencontres, Témoignages

Mis en ligne en octobre et lancé le 4 novembre 2010, le blog MINES2MEMOIRE vient de dépasser les 22000 clics, avec en 2010 une moyenne de 19 clics par jours, puis de 29 en 2011 et de 47 depuis le début de l’année 2012.

En juillet 2012, nous avons  enregistré plus de 2700 clics et la journée du 13 juillet a été celle ou ce blog a été le plus fréquenté avec 332 pages visitée. Si la majorité des connexions viennent de France il faut aussi noter que quelques centaines proviennent de nombreux pays: Allemagne, Belgique, Royaume Uni, Suisse, Hollande, Australie, Espage, Brésil, Algérie, Maroc, Cameroun Indonesie, Canada, Argentine Roumanie, Lithuanie, Slovaquie, Israel, Indes, Bulgarie, Paraguay, République Tcheque, Iraq, Luxembourg, Equateur, Thailande, Nouvelle Calédonie, Corée, Suède, Nigeria.

Après la page d’accueil, la page la plus visitée est celle des mines de tungstène de Salau en Ariège

Mais, rappelons le contexte, voici maintenant 4 ans que nous nous sommes engagés dans cette action de développement culturel durable et de théâtre citoyen à partir du Bassin Houiller de Provence. Ce projet en 3 Actes, comporte plusieurs créations théâtrales nourries par un travail documentaire et des actions pédagogiques en 4 mouvements.

• L’acte I du projet comporte 2 scènes en salle:

« Les Oiseaux Migrateurs », créé à Mimet et « Carnets de Migration », créé à La médiathèque de Gardanne en 2010

ces deux spectacles ont rencontré 3000 spectateurs grands et petits Lors de 21 représentations.

Prochaines représentations des Oiseaux Migrateurs: Eguilles le 23 nov.Nouvelle version en autonomie technique.

Carnet de Migration sera en tournée dans les collèges de Bouches de Rhône avec le soutien du Conseil Général
pour l’année scolaire 2012-2013, pour plus d’informations, cliquez sur le lien ci dessous
http://www.cg13.fr/education/collégiens/actions-educatives/la-programmation-culturelle-et-artistique/
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• L’acte II: « Nul n’entre ici s’il n’est géomètre »,

à été crée à l’occasion du festival Viva Cité avec le soutien de l’Atelier 231, du Citron Jaune, de l’ADAMI,
de la Communauté du Pays d’Aix et de la Ville d’Aubagne. La tournée 2011 qui a touché 13 000 spectateurs
est passée par: Aubagne, Apt, Grandville, Sotteville-lès-Rouen, Lambesc, Trets et la Grand-Combe
en version événementielle, à l’occasion de la Sainte Barbe, Fête des mineurs, voir la vidéo.

Prochaines représentations: Pernes les Fontaines le 4 aout
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• L’acte III est en préparation dans le cadre de MP 2013 Capitale Européenne de la Culture,
diverses formes de restitution sont envisagées sur le territoire
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• Les Ateliers de pratiques artistiques

Des ateliers ont été menés en milieu scolaire à Gardanne et Marseille, deux autres sur les quartiers de Corsy et du Jas de Boufan à Aix en Provence,  un a Commencé à Aubagne avec des groupes de femmes en partenariat avec la Médiathèque
et devrait se poursuivre en 2012 en lien avec le projet « Nous serons tous d’Ici ».
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• Le Recueil de témoignages des habitants

Ce volet du projet a reçu le soutien de Marseille Provence 2013. Des extraits enregistrés sont intégrés
à la bande son des Oiseaux Migrateurs, pour plus de précisions à cette adresse:vhttp://wp.me/p15DDb-mr.

Une publication sous forme de documentaire sonore est en préparation pour 2012.
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L’Accompagnement et suivi photographique:

« Entre le visible et l’invisible, la photo recherche les limites de la mémoire »

Plusieurs centaines de photos prises sur les sites miniers de 10 département: Bouches-du-Rhône, Var, Alpes-de-Haute-Provence, Hérault, Aude, Pyrénées orientales, Ariège, Tarn, Aveyron, Alsace, Lorraine sont en ligne sur ce blog
Et les images de l’installation à Gardanne sont par-là
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• Le Cycle de rencontres

Plusieurs ont déjà eu lieu, avec la Fai Ar, Le RHMIT et Culture du Coeur, et tout particulièrement les 19 et 20 mars 2011 en collaboration avec l’Office de Tourisme de Gardanne, les stagiaires de l’Institut Supérieur Marseille Cadenelle, BTS AGTL,
les Associations Réseau Evénementiel et la Défriche, Le Pôle Historique Minier de Gréasque et la Fanfare Fiera Brass,
et dernièrement à la Médiathèque de Gardanne. Ainsi, plus de 400 personnes, habitants, artistes, travailleurs sociaux,
étudiants, universitaires ont échangé et débattu sur les questions de culture et de mémoire en pays miniers.

Prochaine rencontre prévue dans nos locaux: les Douches du Puits Gérard

les 15 et 16 septembre prochains pour les Journées Européennes du Patrimoine.
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• Le projet Mémoire des Migrations en Pays Miniers a été soutenu:

En production par: le programme Identité Parcours Mémoire (DRAC-DRJSCS PACA), La DRJSCS PACA, l’ADAMI Le dispositif Dynamique Espoir Banlieues du Ministère de la Culture, Les crédits Égalité des Chances de la Préfecture des Bouches du Rhône les CUCS d’Aix et Aubagne, L’association Marseille-Provence 2013 et les Centres Nationaux des Arts de la Rue: Le Citron jaune et l’Atelier 231

En Diffusion par: Le dispositif Saison 13 du CG 13, La CPA, Communauté d’Agglomération du pays d’Aix, le Festival Viva Cité de Sotteville-lès-Rouen, Les Rendez-vous Chaud Dehors à Aubagne
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Nous poursuivons nos prises de contacts pour élargir notre réseau de partenaires au niveau régional,
national et international et restons ouverts à toute proposition de collaboration.

Les spectacles de l’Acte I et de l’acte II sont disponibles en tournée
et peuvent être accompagnés d’actions pédagogiques et/ou de l’exposition

Les KaRNaVIrES

Les Douches, Puits Gérard 13105 Mimet, France

Licence d’entrepreneur de spectacle N° 2-97 13 39
Compagnie agrée par l’Education Nationale
Coordination :Anaïs Pelinq Tel :## 33 (0)4 42 58 46 26, Fax :## 33 (0)4 42 51 11 16, e-mail : karnavires@free.fr
Conseil-diffusion: Gilbert Ceccaldi Tél.: ## 33  (0)673 534 354), e-mail: ceccaldi.pyro@wanadoo.fr

Plus de vidéo des spectacles de la compagnie


Ils se sont battus des années, des décennies. Tout ce temps pour que soit reconnue leur lutte,
eux qui en 1948 avaient participé à la grande grève de mineurs. Pour cela ils ont été punis,
licenciés, expulsés parfois de leur logement. Hommage aujourd’hui à ces mineurs et femmes de,
à qui l’Etat hésite encore à donner la reconnaissance qui leur est due.

Victoire ! 10 mars 2011, la cour d’appel de Versailles a reconnu l’illégalité des licenciements de 17 mineurs
pour fait de grève, après la grande grève de 1948.
Pourtant, l’Etat a déjà fait un pourvoi en cassation, pour ne pas les indemniser.

Alors victoire ? Oui, car c’est une victoire sur l’oubli et le mépris.

Un hommage à ces hommes et femmes qui se sont battus.

Un reportage de Charlotte Perry

3 émissions à réécouter
26/12/2011
http://www.franceinter.fr/emission-la-bas-si-j-y-suis-la-greve-des-mineurs-de-1948
27/12/2011
http://www.franceinter.fr/emission-la-bas-si-j-y-suis-la-greve-des-mineurs-de-1948-ii
28/12/2011
http://www.franceinter.fr/emission-la-bas-si-j-y-suis-la-greve-des-mineurs-de-1948-iii

Télécchargeables sur le site http://www.la-bas.org/

26/12/2011
http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=2335
27/12/2011
http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=2336
28/12/2011
http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=2337


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BIENNALE REGIONALE

rencontres, ballades, projections de films, conférences, spectacles, expositions, colloques, …
Archives, associations, collectivités, structures culturelles et universitaires du Réseau
3 septembre au 16 décembre 2011, PACA
39 organisateurs et de nombreux partenaires réunis autour de 65 manifestations indépendantes dans 19 villes en PACA …

Toutes les informations en cliquant ICI

L’ensemble des productions du projet Mémoire des Migrations en Pays Miniers seront présentées en partenariat avec la ville d’Aubagne, La communauté du Pays d’Aix, La Bibliothèque Départementale de prêts dans le cadre de « Mémoire en Chantiers »

• 10 septembre Nul n’entre ici… à Lambesc (13)
• 17 septembre Carnet de migration à Peypin (13)
• 1er octobre Carnet de Migration à Aubagne (13)
• 6 octobre, Les Oiseaux migrateurs à Aubagne (13)
• 14 octobre Carnet de Migration à Cuges les pins (13)
• 28 octobre Carnet de Migration à Roquevaire (13)
• 2 décembre Rencontre(S) en pays minier à la Médiathèque de Gardanne (13)
• 2 décembre Les Oiseaux Migrateurs Saint-Etienne (42)
• 3 décembre Création In Situ pour la Sainte-Barbe à la Grand Combe (30)
• 4 décembre Les Oiseaux Migrateurs à La Mure (38)


Quelques photos et une petite vidéo amateur de cette après-midi du samedi 19 mars 2011

-> Visite du quartier Biver accompagnée par Cécile et Frédéric étudiants de l’Institut Supérieur Marseille Cadenelle

-> Présentation d’extraits choisis du spectacle « Carnet de Migration »

«Un voyage pour explorer la matière du monde de la migration et de la mine, une forme de restitution d’histoires récoltées, par Sylvie Baroni et Rémy Auda, de la compagnie Karnavires»

-> Installation photo par Gilbert Ceccaldi, Association Réseau Événementiel

« Entre le visible et l’invisible, la photo cherche les limites de la mémoire »

-> Diffusion vidéo et sonore « Do(s) Mineur »

« création musicale et visuelle autour des « sons bruits » de la mine entre les bassins miniers de Provence et de Kosicé en Slovaquie, réalisée par Julien Lemonnier et Frédéric de Benedetti, Association La Défriche»

-> Point d’écoute des témoignages recueillis par Julie Moreira-Miguel.

-> Exposition de maquettes et tableaux de M. Curet, ancien mineur.
-> Conclusion en musique autour du verre de l’amitié avec la fanfare Fiera Brass.

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La Compagnie KaRNaVIrES

présente

Rencontre(S) en Pays Minier

samedi 19 et dimanche 20 mars 2011

En collaboration avec

L’Office de Tourisme de Gardanne,

Les stagiaires de l’Institut Supérieur Marseille Cadenelle, BTS AGTL,

Les Associations Réseau Evénementiel et la Défriche, le Pôle Historique Minier de Gréasque

Samedi 19 à 15h 30 Visite de la Cité Minière de Biver,

départ Place Bossa, Biver plan d’accès

Sur réservation

à l’Office de Tourisme de Gardanne, (04 42 51 02 73) ou auprès des KaRNaVIrES (04 42 58 46 26)

Mettez vos pas dans ceux des mineurs de Provence et venez arpenter, le temps d’une balade, les traces secrètes et parfois moins secrètes du passé minier de Biver. Initiez-vous à la généalogie cosmopolite du territoire. Découvrez d’où la cité Salonique tient son nom si exotique. Apprenez à débusquer les terrils dissimulés. Laissez-vous surprendre par la majesté du Puits Gérard…

Visite guidée et gratuite préparée par Frédéric Goyet et Cécile Ribaud, stagiaires de l’Institut Supérieur de la Cadenelle.Ils feront parler les bâtiments-clés de la vie sociale des mineurs de Biver.

Cette visite se terminera sur le carreau de la Mine du Puits Gérard, Mimet.

à 17h Rencontre avec la compagnie KaRNaVIrES

Anciennes Douches des mineurs du Puits Gérard, plan d’accès

Tél: 04 42 58 46 26, karnavires@free.fr , http://www.karnavires.org

autour du projet « Mémoire des Migrations en Pays Miniers »

Entrée libre et gratuite

Au programme de cette rencontre :

-> Présentation d’extraits choisis du spectacle « Carnet de Migration »

«Un voyage pour explorer la matière du monde de la migration et de la mine, une forme de restitution d’histoires récoltées, par Sylvie Baroni et Rémy Auda, de la compagnie Karnavires»

-> Installation photo par Gilbert Ceccaldi, Association Réseau Événementiel

« Entre le visible et l’invisible, la photo cherche les limites de la mémoire »

-> Diffusion vidéo et sonore « Do(s) Mineur »

« création musicale et visuelle autour des « sons bruits » de la mine entre les bassins miniers de Provence et de Kosicé en Slovaquie, réalisée par Julien Lemonnier et Frédéric de Benedetti, Association La Défriche»

-> Point d’écoute des témoignages recueillis par Julie Moreira-Miguel.

-> Exposition de maquettes et peintures de M. Curet, ancien mineur.
-> Conclusion en musique autour du verre de l’amitié avec la fanfare Fiera Brass.

Dimanche 20 mars 3ème édition de la Marche Populaire

Pôle Historique Minier

Puits Hély d’Oissel, 13850 Gréasque, plan d’accès

Tel : 04.42.69.77.00, info@poleminier.com , www.poleminier.com

Parcours de 12 Km agréé par la FFSP (Fédération Française des Sports Populaires),

dans la forêt de Gréasque à la découverte des vestiges miniers, des animations ponctueront le parcours.

Inscriptions au musée, départs de la Marche entre 8h à 14h

(assurance d’1,80€ par participant)

« Gréasque est le légataire d’un patrimoine minier avec l’exploitation du charbon sur plusieurs puits dont le Puits Hély d’Oissel (site du musée) et d’un patrimoine naturel avec la forêt des Euves qui s’étend sur près de 300 hectares, à deux pas du centre ville. »

L’après-midi, à 14h30 et 15h30 visites guidées du Musée par les mineurs.


Mémoire des migrations en pays minier

Remarques préliminaires sur les paroles recueillies dans le Bassin houiller de Provence

Dès la naissance du projet, la compagnie Karnavires a sollicité l’accompagnement d’une anthropologue, Sarah Andrieu, qui a contribué à l’élaboration de son volet scientifique. Julie Moreira-Miguel a pris le relais au printemps 2010, cette fois en qualité de sociologue, et se consacre au recueil de parole auprès d’anciens mineurs provençaux avec l’appui du Musée de la Mine de Gréasque, qui a mis son réseau et ses locaux à la disposition de la compagnie. Ces premiers entretiens ont concerné trois anciens mineurs de générations différentes (les deux premiers ayant intégré la mine dans les années 1940, le troisième en 1980), ainsi qu’un médecin aujourd’hui retraité qui a exercé 30 années durant au dispensaire minier de Gréasque. Parallèlement, Sylvie Baroni a entamé un travail d’entretiens avec des femmes de mineurs migrants.

Au terme de ces premiers travaux, nous partageons ici un bilan d’étape qui constitue une base prometteuse à la suite de l’enquête. Si l’on considère le parti pris originel de la compagnie Karnavires, à savoir réunir des témoignages de parcours migratoires de mineurs par le biais d’entretiens ethnographiques, les entretiens exploratoires font émerger les premiers obstacles au recueil de ce type de récits biographiques. Les différents points d’achoppement présentés dans ce document témoignent de la complexité, et par là même de l’intérêt, de l’objet dont Karnavires s’empare artistiquement.

Une transmission subordonnée à des déterminismes de genre

Selon les premiers entretiens menés sur le bassin minier, les femmes seraient plus promptes à transmettre l’histoire familiale et partager les traces du parcours migratoire vécu par elles-mêmes ou leurs conjoints et parents. Au contraire, nous avons constaté le caractère plus discret (pudique ?) de la parole masculine sur la question des origines. Les hommes semblent pour leur part avant tout dépositaires – et à l’occasion transmetteurs – d’une autre mémoire : mémoire des techniques et des conditions de travail, mais aussi mémoire des luttes sociales, sujets sur lesquels ils ne sont pas avares d’anecdotes. S’il n’est pas absurde de rapporter cette répartition des discours à une distribution traditionnelle des rôles sociaux – aux hommes la sphère publique, professionnelle et politique, aux femmes la sphère privée, la famille et les tâches domestiques – , nous ne pouvons nous satisfaire de cette analyse. Il importe donc de poursuivre ce travail d’entretiens afin de voir notamment où paroles féminines et masculines se retrouvent, dans cet univers qui cloisonne les genres : les femmes en haut, au jour, les hommes en bas, au fond.

Des parcours migratoires insaisissables par le sociologue ?

Une question se pose d’ores et déjà : la temporalité de l’objet de la recherche ne tendrait-elle pas à en faire un objet d’historien plutôt que de sociologue ? En effet, les primo-arrivants sont aujourd’hui très âgés ou décédés, en particulier ceux qui sont issus des vagues de migrations italienne, espagnole, polonaise, arménienne. Pour autant, restent accessibles des récits indirects transmis par les descendants des primo-arrivants, ainsi que des récits directs énoncés par des mineurs issus de migrations plus tardives, d’origine algérienne par exemple. Il faut également évoquer le cas atypique des prisonniers allemands condamnés au travail forcé dans les mines juste après la seconde guerre mondiale. Certains de ces prisonniers de guerre se sont établis en Provence et l’un d’eux serait toujours en vie. Des entretiens avec des ressortissants de ces différentes origines sont programmés pour la rentrée 2010.

S’il est complexe de recueillir des traces des migrations internationales dans les discours des descendants de deuxième et troisième génération, la question du déplacement et de l’exil peut être considérée au prisme des migrations intérieures des mineurs des Cévennes ou du Dauphiné qui, à la fermeture des mines de leur région aux alentours de 1990, sont contraints de rejoindre le Bassin Houiller de Provence. Ces « mutés », comme les baptisaient leurs collègues provençaux, étaient parfois plus nombreux que les mineurs du cru. Certains d’entre eux ont considérablement souffert de cet exil. Nous défendons qu’une approche qui n’éluderait pas la problématique de ces migrations intérieures récentes est indispensable, quand bien même celles-ci ne jouissent pas à première vue du même caractère d’exotisme et donc de fascination que les migrations internationales.

Pour le sociologue, la question du statut à donner à ces discours est cruciale. Ce n’est qu’en menant une réflexion rigoureuse sur les qualités de la parole recueillie que nous comprendrons ce que qu’elle est susceptible de nous apprendre du passé, mais surtout du présent.

Un éclairage sur les sociabilités professionnelles

En droite ligne de ces premières observations émerge la problématique du rapport à l’altérité, qu’elle soit de genre ou de culture. Cette question du rapport à l’Autre – l’autre féminin, l’autre étranger, mais pas seulement – est un angle d’attaque pertinent pour aborder la question de la sociabilité au travail. Si le fond est un monde indéfectiblement masculin, au point que, nous dit un ancien mineur, « quand une femme descendait, on le savait tout de suite à cause du parfum [qui] traçait jusqu’à 100 ou 200m dans les tailles », le travail semble y être un infaillible moyen d’intégration des travailleurs étrangers comme des « mutés ».

L’équipe est récurrente dans les discours. L’équipe de travail, ensemble stable constitué de vingt à vingt-cinq hommes, semble être le noyau de la sociabilité au fond de la mine. Il règne au sein de l’équipe une solidarité qui ne se retrouve pas plus largement à l’échelle de l’entreprise minière. Cependant, si le travail se pose en inhibiteur de différenciations culturelles, il importe d’en explorer les modalités et les limites. Car avec leur force de travail, ne sont-ce pas d’autres rapports au corps, d’autres rapports au risque, d’autres rapports à la hiérarchie et aux stratifications sociales, que les mineurs étrangers apportent avec eux ?

C’est aussi pour toutes ces raisons qu’il importe de replacer les trajectoires individuelles dans la grande Histoire, l’histoire coloniale, l’histoire contemporaine de l’Europe, l’histoire industrielle aussi, les conditions de travail et les relations intra-professionnelles ayant été tributaires des évolutions de la mécanisation.

Une culture ouvrière silencieuse

Cette brève synthèse constitue une programmatique de recherche ambitieuse à laquelle seront conviés à participer chercheurs[1] et acteurs de terrain. Ce travail d’accompagnement scientifique du projet artistique de Karnavires représente pour le chercheur une opportunité d’explorer un monde social qui, étonnamment, se tait. En effet, c’est à l’échelle de tout le Bassin Houiller de Provence qu’un déficit de parole et de mémoire se fait sentir, en particulier si l’on considère cette mémoire à l’aune de ses équivalents du Nord et de la Lorraine, régions où existe une véritable fierté d’appartenance à ce corps professionnel. Comprendre et analyser les raisons de ce silence est en tant que telle une enquête passionnante dont les résultats sont susceptibles d’enrichir le travail des structures culturelles qui maillent le bassin minier, telles les médiathèques et le Musée de la Mine, mais aussi d’apporter un éclairage pertinent aux actions politiques locales de valorisation du patrimoine. L’enquête ethnographique est aussi l’occasion de contribuer au fonds départemental d’archives sonores. Enfin, de plus en plus de collectivités cherchent à se positionner sur la culture scientifique et il importe que les sciences humaines soient parties prenantes dans ces opérations de valorisation de la recherche. C’est pourquoi la compagnie et son partenaire scientifique raisonnent dès l’amont sur les modalités de restitution publique des fruits de l’enquête. Au-delà des formes académiques souvent routinières de publicisation des résultats de recherche, ce partenariat original entre artistes et chercheurs vise avant tout à produire la matière à un réinvestissement dramaturgique. C’est ainsi que Karnavires conçoit ses créations comme une traduction au présent d’un patrimoine commun.

Julie Moreira-Miguel – Centre Norbert Elias / EHESS (juin 2010)


[1] Notamment Anne-Françoise Volponi, auteur du rapport « Enjeux mémoriels et métropolisation : le bassin minier gardois au prisme des dynamiques culturelles », PASSIM, juin 2008.